28.06.2005
L’essentiel.
La solitude la tracasse dans ses grands palais de fils barbelés. Autour, en immonde, s’explorent les filets d’étoiles échevelées.
Elle se consolide ses forêts de vitres pleines de lumières en agglutinant le bonheur contre ses doigts crasseux. Elle se raconte son inconscience étalée contre des grands carreaux à l’allure folle et dégénérée. La déjantée se bousille le regard défenestré dans du vide en intact, du brouillard jusqu’aux lèvres, des brindilles en guise de hurlements.
Elle se raconte des histoires onctueuses au goût d’amande amère, même si elle lève son visage d’obscur dans ton corps, faut pas la croire. Ses pensées ne sont pas dans les tiennes, difformes, ne savent pas s’emboîter à outrance dans les poches. Même si. Ses découvertes s’inondent d’une flagrance envie de s’en aller plus loin.
Elle embrasse tout le monde, sur les lèvres et jusqu’au bout de l’intérieur, elle laisse des traces ensanglantées partout dans les bouches des gens…
Elle ne sait pas se ressembler.
La vie se déballe sous ses pas comme un tapis brillant, mais elle marche tordue, et se trébuche dans les pans de la bordure en trame. On dit qu’elle ne sait pas marcher dans les chemins qu’on lui tend. Et rouillant roulant avec ça, elle n’est pas là.
Elle apporte de quoi meubler son monde, se trimballe derrière elle, une bande d’armoires en folie.
Si vous la croisez d’hasard dans un visage, dans des restes de mots ou dans une rue sans soleil. Dans la case enfance sur vos tableaux de rangements.
Si vous la rencontrez dans une de ses nuits, votre ventre, à faire des petits ronds, à boucler dans la perte.
Elle se spirale, elle se laisse tanguer par le temps, voguer audacieuse sur la nébuleuse d’un ciel déserté. On se la bouscule dans les journées de fêtes. La voyageuse des frontières se vagabonde dans l’errance.
Étincelle du nulle part, elle se bousille la crève dans un tas d’excréments.
Elle agite ses crécelles avec son grand bocal quand tous les imbéciles s’esquintent la bêtise dans leur reste de cerveau.
Faites vos jeux ! La détestable s’en craque un dernier pétard en grognant ses vergognes.
Puis se tire à nouveau chercher son rêve ailleurs.
Sa chevelure d’ingratitude lui dégouline dans le dos en virages. Son œuvre d’art à elle, le mystère, en un mot, de la dissimulade.
On aperçoit dans son reflet la surface de ce monde.
Les comme ça, elles n’sont pas heureuses pour deux sous.
(Et ces phrases, pour une fois, j’vous le dis, elles parlent de quelqu’un de vrai. Je l’ai croisée et décroisée sur une plage de chez nous, elle dansait sa java sur un rythme de jazz en robe multicolore. Les gens se moquaient d’elle, lui jetaient des cailloux. Et moi, de fait, je n’aime pas les jeunes. Sont méchants pour le plaisir, se marrent de la splendide folie qui sait tenir en distance.)
17:41 Écrit par Coline | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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Commentaires
La raison l'emporte Commentaire tout à fait compréhensible. Et être las de ce que je fais, c'est une partie de gagner. On m'a trop importuner et lècher les bottes que cette fois-ci, je leur tourne le dos. J'essaye de passer là où les yeux ne se riveront pas. Alors, oui, je suis un fantôme raté qui tremble dans ses loques et qui a peur de se faire ramasser par les chaînes. Je suis un clown qui ne fait plus rire, un clown démodé et, il est vrai, sans couleurs et démasqué.
Permets-moi juste de te dire que jamais on ne m'a écrit comme cela, que si on ne m'adule pas ici c'est toujours mieux que de me servir des niaiseries et des foutaises sur un plat de sourires hypocrites. Et pour ça, je ne t'en voudrais pas. Puis de tout façon pourquoi?
Écrit par : Zinz0lin | 27.07.2005
Caroline, Je vais, là, m'abaisser à la plante de tes pieds. De tes orteils, ma beauté.
Je suis navrée. Mais ravie (ça m’échappe.)
Mille excuses.
Sachez que, de mon temps, je vous ai admirée-adulée silencieusement plus que de raison : j’aurais été, d’un peu d’audace, un de celles qui vous servaient compliments et niaiseries sur plateaux.
À ne rien comprendre, mais à aimer ce qui est beau.
Ce dernier instant.
L’angoisse pendue aux nœuds, jalousie de vos simagrées… Sans doute.
Il faudrait que je vous explique.
Mine de rien, fière d’mes dix lignes, un adversaire à leurs démesures.
Je ne pensais pas faire de la grabouille de dérangement entre vos trois neurones. Intouchable, j’ai dit. C’est réussi. Sachez que j’en suis ravie. Non, navrée.
Dans le flou du fond, il n'y a rien à expliquer.
Un commentaire compréhensible, enfin.
Étendue de vérités.
(Je n'en pense pas moins. Comme quoi.)
Écrit par : Coline | 27.07.2005
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