04.07.2005

Ivresse, mes honneurs !



Le coeur agrafé à mes lambeaux de silence.
Je suis un canard sur talon à hauteur. (Invention de torture)
Une bonbonnière, ma robe blanche de grande dame faite d’élégance sur maladresse.

L’enfance nous quitte et nous enlace une dernière fois de ses grands bras d’amusements.

Une bande de conneries ambulantes qui ne font même pas rire.
Notre transparence d’insignifiance.
C’qu’on attend ne vaut pas souvent le change.
Alors. De fait.
- Si on se saoulait ?!
Quelques bouteilles qui se promènent dans la tablée.
Compulsif, frénétique. On aligne les culs secs avec une fierté presque au ridicule.
S’il faut supporter ce goût de âcre, horrifier ses papilles pour connaître l’interdit. Tant pis.
D’ailleurs.
La chaleur nous dégouline dans le corps.
On se marre.
Euphorie de chaque mouvement.
Légèreté…
On se tangue un peu, de plaisir d’ivresse.
On y retourne, on ne les compte plus. Si la folie pouvait nous gagner… Nous enrager, nous enchâsser. Ou. Seulement nous frôler du lointain.
La vie, c’est comme le vin. C’est dégueulasse, on s’en esquinte de conséquence, traîtresse de vie ! Traîtresse d’ivresse ! J’me prends presque à aimer ça. L’alcool, c’est comme la vie, mais en mieux, non, en pire. L’alcool, c’est comme la vie, mais en plus.
J’ai dû perdre le fil à l’instant précis où j’ai traversé le vide.
Flou.
Follement…
Mollement.
Lourdeur…
Ce monde se tourbillonne, les murs ne sont plus droits. Absence d’image au fil du temps.
Bruits feutrés.
Je suis détachée.
L’infini du trouble.
Fabuleux.
Une seconde réalité, un univers parallèle aux sensations inverses, une renaissance. Une vision du monde aux multiples explosions des sens en lenteur. À explorer. À découvrir.
Nouveauté…
Il existe, ça, quelque part. Au bout d’une dizaine de vers. On se contente de peu. Notre paradis satanique.
Puis.
C’est là qu’elle entre en scène. Là, elle prend place.
La monstrueuse. La criarde. La gueuleuse d’obscénités. Prend le dessus. Je ne me suis jamais autant ressemblée au présent. Être soi-même. Elle vacille et se marche en grandes vagues… Tangue, la tangante.
L’ennui n’existe plus. Tout est sujet à perplexité à l’immense et réflexion sonore. Le temps n’a plus de résonance. Les minutes se débitent sans un chuchotement. Le tout s’achemine pour un grand vide en trois mouvements.
Entre sanglots et éclats de rire…
Mon lit est un bateau tanguant et se valsant à perte. Tempête de maux et de pensées.
Elle se penche sur le lavabo d’froideur, dégobillant d’emblé boyaux et tripes jaunâtres dans la cuvette en profondeur. C’qu’il lui reste d’âme. Cambre son ventre.
Espace clos. Les murs se tourbillonnent. La lumière se bancale. Boudouilles à l’extrême.
Les gens m’regardent. J’les insulte bien fort dans mes cris.
Bande de cons, tellement cons que vous ne faites pas exprès d’être cons !!!!
Naïs, je t’aime, je veux que tu m’aimes.
Non, non, j’vais m’taire, je ne veux pas qu’on sache c’que je pense.

Dégueulons tous en cœur notre trop grand plaisir. Le bonheur nous assaille dans cette réalité.
Et elle s’endort enfin, sans pensées pour le lendemain.
Viendra ou pas.
Se débarrasse la crasse dessus pour une dernière fois…
Fantastique.

16:56 Écrit par Coline | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Écrire un commentaire