08.07.2005

Qu'est ce qu'il y a ?

Faire connaissance avec soi-même.
La réponse. J’ai trouvé.
Qui suis-je ?
LA question.
J’ai trouvé. Vraiment. Ces quinze dernières années d’intenses réflexion, à bûcher sur cette question existentielle d’importance, qui suis je. Et, je sais. L’illumination est.
Je suis la transparente. Je suis celle qu’on s’indiffère au pluriel. Je suis insignifiance. JE NE SUIS RIEN.
Oui, c’est tout.
Figure toi que c’est immense.
Je ne suis pas celle qui s’assied dans les coins, je ne suis pas celle qui fait tapisserie.
Je suis le coin, je suis la tapisserie. Même pas.
C’est vrai.
Voilà, comment, après toutes ces définitions à la négation de moi-même. Je ne suis pas ci, je ne suis pas ça. Je peux en arriver à écrire cela. (D’une réflexion plus poussée que je n’étalerai pas ici). Je me contente de peu, il est vrai. Facilité à la une. Trop tard.
Et cela pour toujours.
Tellement infime de pâleur vitreuse. Vos regards brouillards me flottent dans tous les sens, et à raisons. Ils finissent aveugles de mes cris d’gamine gâtée. Ne va pas croire que tu es différent(e). Mon mal de vivre donne la nausée aux spectateurs de vide. Sache que si tu m’avais vu, tu en serais maintenant, au dégobillage de ton tout.
Je suis vivante, je passe à côté de ma vie. Je suis vivante.
Je voudrais vous en vouloir, à vous tous, de ne pas me voir, de ne pas vous arrêter pour m’embrasser sur les bouts de trottoir, votre manque d’attention pour les tapisseries, pour les vieux meubles qui font tellement partis du paysage. J’voudrais vous en vouloir de ne pas me voir, de ne pas m’entendre. Vous regardez mon flou et vous ne voyez rien, c’est ce que je suis. Ce n’est pas ta faute, je ne t’en veux pas, je ne suis rien et tu me le rends bien.
J’pourrais vous en vouloir tellement vous n’êtes pas là pour me serrer dans vos bras.
Tellement on ne s’embarrasse pas de tenter de voir l’invisible.
Épargnez- moi le grand classique : On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. Si vos cœurs de tendresse-bonheur m’avaient vu, moi et mes minables maux, vous croyez vraiment que j’en serais là à déballer tout ça sur un blog à la con. Non. Qui sait. Je serais en vue, ailleurs et autrement. Peut-être.
On a chacun ses problèmes, sa vie, ses merdes... Et je suis ridiculement grotesque à me lamenter sur mon pauvre sort de désespérée.
Je suis inaperçue. Je suis l’oubli en un mot.
Il n’y a rien à voir.
Toi, lecteur. Toi, ami. Toi, de passage. Toi, paumé. Toi, vagabond. Toi, égaré. Toi, habitué. Toi. Toi, l’unique, comme tout le monde. C’est à toi que je m’adresse. Je te sens te défiler. J’ai lu ça quelque part : Voilà comment les gens crèvent sur le bord des routes, tout le monde croit que tout le monde a déjà appelé l’ambulance. C’était mieux dit, mais c’est bien ça.
Alors, là, tu ne peux plus, hein. Tu le sens que c’est bien de toi dont il est question.

Culpabilité collective. Absence de verbe d’action, sauf précédé du négatif.
Tu ne m’as pas vu. Tu auras oublié. Il y a une petite croix en haut à droite, allez 3 2 1 0. Et hop, pour de bon, rien n’à voir. Hilarant, en effet.

Et les gens diront, Cesse donc de t’affaler en larmes de chiale sur ton clavier. On préfère quand t’écris des conneries. Ça ne veut rien dire, mais c’est joli. On ne comprend rien, ça nous arrange.
Les gens ont raison, c’est de chez eux que sort la réalité.
Toute façon, je sais bien, je n’arrive même pas à te déranger avec mes maladresses de phrases.

Puis, du bourdon plein les pensées. Je me serais retournée sur du rien, m’accrochant à du vide, tripotant mes cheveux…
Puis, je.
Un vent chargé de gravillons qui me traverse le cœur, des filles aux visages de plastique se disputeront ma place d’inexistence.
N’allez pas croire que ma vie vaut quelque chose. Même en solde je n’ai pas réussi à la refourguer. Retournée d’où elle venait. Étiquette invendue.

Je suis lâche.
J’irais me vautrer dans le désespoir. Je suis facilité.

(À 30 ans, je pourrais aller me jeter d’un deltaplane, j’aurais passé la quinzaine suivante avec à quoi ça sert de vivre ? et fait une conclusion pareillement affligeante. Vivement 2020!)

J’écrivais ici pour savoir si tu allais m’y voir. Pour attirer ton attention qui vaut de l’or dans mes pauvres yeux. Après ça, je ne sais pas si je vais continuer. Étant passé à l’étape suivante.
Je ne suis rien. À quoi ça sert de vivre ?
On n’a pas fait ma vie en plus bref résumé.

15:25 Écrit par Coline | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

Commentaires

Ca s'passe Boul'vard Haussman à cinq heures... Elle sent venir une larme de son coeur...
Ca s'passe partout dans l'monde chaque seconde...
des visages tout d'un coup s'inonde...

On n'est pas insensibles mais ceux qui ne laisseront pas de message...
On n'a pas les mots qu'il faut

Moi, je peux juste te dire qu'entre te déranger et préférer le respect à l'envahissement, je reste parfois muet.

Je t'envoie un gros bisou pas si virtuel que ça parce que nous existons tous deux et qu'un message d'encouragement via le net en reste un.

Métastable.

Écrit par : Métastable | 08.07.2005

à lire ta réponse à la question "qu'est ce qu'il y a ?"
je me dis qu'il y a plein de choses en toi
quidoivent encore venir
je passerai, lire tes "ce qu'il y a" du jour,
et je suis déjà certain que ce sera à chaque fois le même
ravissement
à +
C

Écrit par : Crassipan | 12.07.2005

* Pour la forme, si les visages se mouillent au coin de toutes les vies.
Vos envahissements me remplisent mes vides. Venez vous y vautrer. L'invitation est lancée.

Ravissement, un à un, crachat sur le rien flottant.
Le lien ne marche pas, il me semble.

Merci. Car c'est un joli mot.

Écrit par : Coline | 18.07.2005

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