21.07.2005

Le rôle de la mauvaise, je le joue à la p.e.r.f.e.c.t.i.o.n

Je m’engouffre sur ton chemin accidenté. Je m’engouffre contre tes rêves et pensées, nos instants sans suite où tu me raccrochais au nez. Dans le précipice au pluriel où les maux ne creusent plus leurs trames comme une bordure à nos phrases.
Je m’engouffre dans ton ennui comme on se va à l’abattoir, les yeux posés sur le béton armé, la tête cambrée de l’avant d’aujourd’hui. Dans la vaine solitude, d’isolement en mutisme, je me retrouve, vide dans l’absence, à ne pas trouver mes clés pour refermer les portes. Je me vacille mille et une batailles, le dos droit, la cambrure, mes honneurs, les pas tangants d’incertitude, dans un soucis d’héroïsme et d’aventure pour aventure, face à mes adversaires invisibles prostrés au creux de mes ventres. Tombée en évanouie sur le coin d’une place publique, les échoués, les naufragés du paqu’bot Vie referment leurs impostures contre mon cœur ballant. D’inconsistance d’insignifiante, on ne dit plus aux endormies de confiture.
Perdu mes illusions, braqué mes pauvres rêves, craché mon innocence sur les visages des restants. Sous une plaque d’égout, conserver le précieux, loin des pilleurs de trésor. Parce que ma sœur chantait à longueur de journée, « Sous les sabots d’Hélène. » Se rétamer nos fresques d’assidue, faire bonne figure.
Tu te souviens du jour où je t’ouvrais mes livres. Je t’oubliais les pages, te faisant la lecture, comme on se fait tendresse sur les joues du papier humide, j’avoue, j’ai sangloté face à la boîte à image. J’ai trop triché, peut-être. J’ai oublié ton essentiel, on m’a traité de criminelle. Papa ne le redira pas deux fois, je ne me le ferais pas répéter de bout en bout. Je chiale face à ma boîte à souffrance, la vieille bestiole à maux me foutra la tremblote. On m’a traité de criminelle, de t’avoir tant fait mal. De ne pas savoir aimer, comme il faudrait le jour, d’avoir clamé silencieusement ma fierté de ta folie déquestioneuse. D’insomnies. Si tu me suis.
Sous mes carapaces de silence, de vannes et de regards pesants, si tu savais.
Mais tu ne sauras pas. Ensemble on s’est raté de prés. J’aurais pu, peut-être.
Te rédiger des lettres d’excuses, je ne te comprends plus, tu ne me comprendras.
Je suis piteuse dans ce rôle, en réparties galeuses, à t’enfoncer en perte. Tu me le rendras bien, j’espère. La monstrueuse, c’est moi, il ne faut pas confondre le gravier ensanglanté avec un arc-en-ciel.
Et même si de fait, je t’estime plus que de raison. C’est un secret pour nous deux.
Tu ne sauras pas.
Mais de cela, je me l’arrache, pour pouvoir leur criarder à l’oreille.
Sur ce point, je progresse. J’en viendrais au jour, des je t’aime trop sincère qui ne compte pour de tout dans nos sombres écorchures. J’y arrive, je m’en approche, et pas seulement à toi, mon effarée de mots.

De toute part, je m’engouffre, trois pieds sous terre et le reste au ciel. Dans mes cimetières à souvenirs, j’enfourche la gomme du temps, pour ne plus crier néant dans les boyaux des filles biens.
D’illusions échouées contre mes lèvres de dentition, en utopies ratées qui ne se broutillent plus dans les bras de la fuite, j’m’engouffre en beauté sur le désespoir de gueulante.
À sangloter à tous les coins de rue, pas de quartier, j’suis triste pour rien et pour personne. Si tu savais comme ça fait peur. Le sans raison.
Il faut le chanter, Mélancolie et notre troupeau de trompettistes.
Je m’engouffre dans ton angoisse rivée au ventre, tes larmes enchâssées, et tout le reste. Je te tendrais bien un peu de monnaies, marchande de souhaits. Je poserais une dernière fois mes doigts d’usures contre le moulin à prière aux rouages enrouées qui a vu s’envoler plus d’un rêve deltaplane. Plus d’une de nos embroutilles.
Je m’engouffre dans un millier de promesses.



Ce texte. Je peux vous le dire sans l’ombre d’une honte, j’ai jamais autant larmoyé sur mon clavier. Vous pouvez rire de ce foutoir bordelique. Et le "tu" désignant tour à tour un à un. Je mélange les figures, les visages...

03:19 Écrit par Coline | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

Commentaires

rire? d'un sentiment vrai?
jamais. la sincérité a des accents qui ne prêtent jamais à rire.
"hold tight!" comme disent les Londoniens et ils s'y connaissent en résistance, crois-moi!
à+
C

Écrit par : crassipan | 22.07.2005

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