23.07.2005

On est plus belle en noir et blanc, dit elle.

Je suis une jeune fille rangée, la jupe à fleur, le sourire politesse placardée d’une joue à l’autre, le mutisme en gentillesse, là pour tous les tarés, sur les routes de chez-nous, je suis.
Et je ne m’étale dans mes cahiers que d’instants minutés, sur papier, sur clavier, c’est mon reste qui s’en échappe. Je n’avoue, dans les nuages. Six pieds sous terres, le reste au ciel, les lèvres remplies de la confiture de l’enfance.
Je suis d’retard sur mes rendez-vous, mais je me pose contre l’absence de temps, et mademoiselle bon’heure, aux abonnées absentes. De réponses à l’allusion.
Quand, je me postillonne en fous rires assassins, c’est une main sur la bouche que s’écoute la timide, mes marioles ! Si ce n’est pas mon vide de ventre. Boucan d’enfer.
On ne s’encroûte sur les bancs de caresses, on ne se laisse pas aller à poser sa tête contre les épaules entrouvertes d’une bande de marmots.
Si j’me batifole dans les jardins humides des quelques-uns sérieux, c’est pour hurler silence, de mes 6 voix et la plus rauque, celle des histoires trop compliquées, ne se fait pas entendre.
Je me balance, d’une jambe sur l’autre, les bras ballants, le regard perdu derrière le un d’avantage un.
Oui, si je viole ma jeunesse dans les bras entrelacés encrassés du baveux de service, si je triche mes années aux côtés d’une bande de demeurés. C’n’est pas, faute de.
Mes doigts ne se clapotent plus auprès des va nus pieds… Je marche droit dans les soirées tendresses, la fumée ne s’éparpille dans les regards en langoure, la tête lui tourbillonne en toupie d’idéaux.
Poupée de porcelaine, à ne pas briser de fragilité, en intact. Mes honneurs !
Poupée de cire, à ne pas fondre, à ne pas s’effondre. Je me croule dans tous les sens, je me tords les ventres, le regard cireux, le reste vitreux. Je suis fidèle à la souffrance. Besoin précoce de se remplir, non assouvi. Je me fais pressante, objets pesants de toutes nos vies.
Étoile glacieuse en lointaine, je n’ai ni la grâce en bagage, on m’a bafouillé d’éperdues, enrôlée. De grinçant mépris ou d’affreuses réparties. Si je te vanne, tu es des notres.
J’ai négligé d’être. Des perles dans les cheveux et du regard moqueur. J’ai négligé d’être.
Et si je brûle dans le noir, le de travers, c’est pour mieux me le taire au matin. Une métaphore bancale. Enroulée dans du papier alu ou dans un de mes bocaux, à cochonneries. Saloperie, je prononce et j’épelle à raison ou à perte. Bordel, mes jurons !
De silence en hurlement, de gueulantes coincées au fin fond du ventre, là où même les langues ne se tendent jusqu’à, celle qui longe le décor, se partage d’une à une, en s’égrenant de tristesse, les tapisseries râpeuses.
Je n’émettrais folie que de sagesse, on ne me traite pas, d’illusion euphorique. De nos somptueuses en parures, il ne me reste du banale que quelques grands sourires. À force de chantonner l’exclamation retenue. De réserve, rabatteuse de rêves. Tueuse à la ligne.
Mettons donc un visage sur la farandole de bonshommes jaunes défigurés en conséquence. Ensanglantons l’infime imaginaire. Notre réalité, vaut bien le change. Je me la troque, en désireuses envies, mais de nos phrases à première vue, ce n’est rien, rien de rien.
La flaque de mots, je ne me cherche dans les miroirs des secondes de plastoc, de vidange, je ne suis pas une marchande de calcul. J’épingle mon d’enfances à grandir, je retourne en courant dans mon passé d’histoires, à recul vent, à retard de mes cinq sens, du bitume, je cautionne l’avenir. Sans rendre les larmes, mes marioles ! Je ne suis pas une des leurs, ou plutôt une des leurres qui nous bouffent nos moitiés.
Je suis une jeune fille rangée.
Le démaquillant bon marché aura ma peau !

11:23 Écrit par Coline | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

Commentaires

Hellooooooo! Très bien ton blog! Un petit coucou en passant...

Écrit par : Philippe | 25.07.2005

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