24.08.2005

 

J’écorche mes mots.
Je bouffe mes phrases.
Je baffre le tout.
Grossier et sans vergogne, la verve me talonne.

Je larmoie sur le papier et son ébauche, des livres aux pages insensées, mon écran et tous ses démons défenestrés, les photos douloureuses de joyeux inconnus, une chansson éraillée de parole, une rengaine malencontreuse, la noirceur de l’oreiller, une romance télévisée.
Mais, dans une église froidure, monument d’imbécilités face à leurs ribambelles de foutaises sur pattes, leurs sourires navrés et leurs airs contraints. Lorsque son corps en folie dans la boîte de carton tombera dans le trou d'égouffre, les larmes déferleront, ils iront tous du compliment sur sa personne, ses somptueuses euphories, ses silences indicibles, ses sarcasmes gouailleurs, ses mystère dans l’exhibition, ses hurlements contre fumée, les regards mouillures, les sanglots s’entreprendront.
Ses yeux bouffés par les vers. Les bestioles nocturnes et souterraines viendront tenir compagnie à ses doigts de pieds, orteils aux ongles rouges.
Moi, bonne femme pas aimable, à la gêne trop publique, à la figure rangée et aux histoires bien fades, moi, là, je partirais ivre morte dans un fou rire sans ébat.
Je n’y suis pas allée, restée dans le pays des plaines verdoyantes à manger des pommes d’amour en songeant à l’absence prolongée de mon amoureuse de la grille de récré.

La suite est ancrée. Mon esprit boudiné, ta grande délinquance, tu dois puer sous la terre, ma belle. L’aigre de ton vagabondage nous remonte en pleine tronche.

18:07 Écrit par Coline | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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